Liste des 300 prénoms "autorisés" par le gouvernement algérien

Le pouvoir algérien vient d'ajouter à son état civil 300 prénoms amazighs, transcrits en seule langue arabe. De nombreux prénoms très symboliques et courants ont été omis dans cette nomenclature, et non des moindres : Dihya (reine amazighe), Senifer (mère de Massinissa), Gulussa...

Le prénom Aylimas a été classé parmi les prénoms féminins par l'administration algérienne, alors qu'il s'agit de l'arrière grand-père de Massinissa, mort en -310 av. J.-C..

Le Haut commissariat à l’amazighité (HCA) avait remis une liste de près de 1 000 prénoms au ministère algérien de l'Intérieur.

Le libre choix du prénom par les parents n'est toujours pas autorisé en Algérie. Des centaines de prénoms issus du patrimoine histotique et culturel algérien autochtone sont encore jugés non conformes à l'idéologie arabo-musulmane ou trop subversifs.

Liste des 150 prénoms masculins amazighs :

1) ABRANIS
2) ADERYAN
3) ADHERBAL
4) AFLAWAS
5) AGELLID
6) AGGOUR
7) AGHALI
8) AGHILAS
9) AGMAN
10) AGMAZIGH
11) AGRAW
12) AKHAMOUK
13) AKMAZIGH
14) AKSIL
15) AMASTAN
16) AMAYAS
17) AMAZIGH
18) AMELLAL
19) AMEZYAN
20) AMGHID
21) AMNAY
22) AMOUQRANE
23) AMZAR
24) ANEGMAR
25) ANESLAM
26) ANTALAS
27) ANZAR
28) AOURAS
29) ARIS
30) ASAFOU
31) ASSAYAS
32) AYLAN
33) AYOUR
34) AYRAD
35) AZWAW
36) BABA
37) BADI
38) BADID
39) BADIDEN
40) BADIS
41) BADISSEN
42) BAHA
43) BAHOU
44) BAKLI
45) BOULOUGHINE
46) BRANIS
47) DALANE
48) DARIS
49) DERBAL
50) FAZIL
51) FLAWAS
52) GANA
53) GAYA
54) GHILAS
55) GUELLID
56) GUEILDOUN
57) HAND
58) IDDER
59) IDIR
60) IFRAR
61) IFREN
62) IFTENE
63) IGUEM
64) ILELLI
65) ILLI
66) ILYAS
67) IMLOUL
68) IMMAL
69) INABAL
70) IRATENE
71) IRATENE
72) IRNATEN
73) ITRI
74) IZDITENE
75) IZLI
76) IZEM
77) IZRI
78) JUBA
79) JUGURTA
80) KENZI
81) KHELLAF
82) KHELIFA
83) KOUSSAILA
84) MADGHIS
85) MASSENSEN
86) MASSINAS
87) MASSINE
88) MASSINISSA
89) MASSYELANE
90) MASSYL
91) MASTANABAL
92) MAYAS
93) MAZIGH
94) MEDDOUR
95) MEDRAS
96) MEKHLOUF
97) MEKSA
98) MELSAS
99) MENDAS
100) MENNACH
101) MENZOU
102) MERNIS
103) MESTANE
104) MHANNA
105) MHEND
106) MICIPSA
107) MIKAWSEN
108) MOKRANE
109) MOUHAND
110) OUASSINE
111) OUMERRI
112) OUSSALAS
113) OUSSENE
114) OUYIDIR
115) RIGH
116) SALA
117) SAYANE
118) SELYANE
119) SHACHNAQ
120) SIFAKS
121) SILAS
122) TACHFINE
123) TAKFARINAS
124) WANNES
125) WIGHLANE
126) WINRIGH
127) YADES
128) YAGHMOUR
129) YAGHMOURASSENE
130) YALAS
131) YANAYER
132) YANNI
133) YEDDER
134) YEFRENE
135) YEFTANE
136) YEKKER
137) YEZZITENE
138) YIDIR
139) YIFRAR
140) YIFRINE
141) YIFRIR
142) YIFSAS
143) YIZDIG
144) YOUBA
145) YOUFRAR
146) YOUGOSTEN
147) YOUGOURTEN
148) YOUVASSINE
149) ZAYEN
150) ZIRI




Liste des 150 prénoms féminins amazighs :

1) ABZIM
2) ALISSYA
3) AMENNA
4) ANEL
5) ANILA
6) ASSIL
7) ATINA
8) ATINIA
9) AYELI
10) AYLANA
11) AYLIMAS
12) BAYA
13) CHABHA
14) DAHIYA
15) DALINE
16) DALYA
17) DAMIA
18) DANA
19) DANILA
20) DANYA
21) DARIS
22) DASSILA
23) DASSINE
24) DAYA
25) DAYANA
26) DIHIYA
27) DILISSYA
28) DILYA
29) DJOUZA
30) DJURA
31) GUILDA
32) GUELLIDA
33) HENNOU
34) HUSKA
35) IDALYALA
36) IFSAN
37) ILINA
38) ILIZ
39) ILYANA
40) KASSYA
41) KAYSA
42) KELLA
43) KENZA
44) KOUKOU
45) KOULLA
46) LAYTMAS
47) LILLA
48) LOUNDJA
49) MALHA
50) MARKOUNDA
51) MASSEKA
52) MASSILVA
53) MASSIVA
54) MASSYLA
55) MASSYLIA
56) MASTINA
57) MAYSEN
58) MAZIGHA
59) MEGDILA
60) MELILA
61) MELISSA
62) MELIZA
63) MENZA
64) MINA
65) MIRINA
66) MOUNA
67) MYASSA
68) NELISSYA
69) NELYA
70) NEYLA
71) NINA
72) NOUJA
73) NUMIDIA
74) OUZA
75) OUZNA
76) SEDDA
77) SEGGOUMA
78) SEKOURA
79) SELYOUNA
80) SILA
81) SILINA
82) SILINE
83) SILYA
84) SIREM
85) STERA
86) TACHFINT
87) TAFAT
88) TAFNA
89) TAFOUKT
90) TAFSOUT
91) TAHART
92) TAHUSKI
93) TAKLIT
94) TALA
95) TAMAZGHA
96) TAMZIGHT
97) TALINA
98) TALSA
99) TALYA
100) TAMELLALT
101) TAMILLA
102) TAMZAL
103) TANESLAMT
104) TANINA
105) TANYA
106) TANNES
107) TARA
108) TARSINAS
109) TASEKKURT
110) TASSA
111) TASSIL
112) TASSILYA
113) TAWENZA
114) TAYRI
115) TAYRIW
116) TADDER
117) TENERT
118) TERAD
119) TIDIR
120) TIFAGGOUR
121) TIFAWT
122) TIFITRI
123) TILA
124) TIGUELDEN
125) TILELLI
126) TILHANE
127) TIMANE
128) TIMENA
129) TIMILAS
130) TINHINANE
131) TINIFSANE
132) TINTAMELLA
133) TISSILA
134) TIZIRI
135) TLAYETMAS
136) TOUDERT
137) TOUFRAR
138) TOUGGA
139) TOUMER
140) TOUMERT
141) TOUNSIA
142) YANNA
143) YARRA
144) YELANA
145) ZAHWA
146) ZANA
147) ZELGOUM
148) ZINILA
149) ZILA
150) ZIRA

Source : Kabyle.com

L'interdiction des prénoms amazighs provoque l'ire des ONG

Les autorités locales marocaines continuent toujours d’interdire les prénoms amazighs. Si la loi de l’état civil stipule que le prénom doit avoir un "caractère marocain", d’aucuns persistent à considérer des prénoms amazighs, et partant purement marocains, comme étant étrangers à leur territoire d’origine. Le Réseau amazigh pour la citoyenneté (AZETTA) estime qu’il s’agit là d’une violation grave du droit des Marocains à choisir un prénom amazigh pour leurs enfants. Plus, c’est même une «forme explicite et claire de discrimination raciale». En fait, les responsables de l’état civil expliquent la loi selon leur propre interprétation, qui veut faire dire à « caractère marocain » la signification d’ "arabo-musulman".

AZETTA a même donné des exemples vivants dans son rapport présenté dans le cadre de l’examen périodique universel 2012. En l’espace de deux mois et demi en 2009, l’administration marocaine a interdit six prénoms amazighs. Ce sont les prénoms de "Tazizi" à Tahla, "Sifaou" à Meknès, "Siman" à Boufekrane, "Titrite" par les autorités consulaires de Créteil en France, "Kaya" à Ait Ourir dans la région de Marrakech, et "Ayour" à Béni-Mellal, et ce au motif d’une circulaire du ministère de l’Intérieur datée du 24/06/2005, numéro 160. Et malgré la publication d’une autre circulaire du ministère de l’Intérieur N° D 3220 du 09 avril 2010, la Haute commission de l’état civil, dont le ministère de l’Intérieur est membre, persiste à refuser d’enregistrer des prénoms amazighs. A ce propos, citons d’autres cas, tel que celui de la famille Rifaii, à qui les services consulaires marocains à Washington ont refusé l’inscription du prénom "Sifaou" qu’elle avait choisi pour son nouveau-né en décembre 2010. La Haute commission de l’état civil a signifié à cette famille, le 24 janvier 2011, un refus catégorique, suite à son recours. Par ailleurs, signalons que d’autres cas ont été enregistrés, au cours desquels l’Amazigh a fait l’objet de tracasseries et d’interdiction de la part des autorités de l’état civil et des services consulaires à l’étranger.

Ledit rapport mentionne la faiblesse des programmes d’enseignement de la langue amazighe, et l’adoption d’approches non scientifiques, et fondées sur la non généralisation de son enseignement dans l’école marocaine. Cela constitue un indice du caractère peu sérieux des institutionnels, en l’occurrence le gouvernement marocain et son partenaire l’Institut Royal de la culture amazighe. Et d’ajouter que cela montre clairement que cet enseignement ne satisfait pas aux critères nécessaires et ne correspond nullement au contenu culturel et historique de la langue amazighe, de même qu’il ne garantit pas l’égalité des chances et l’unification des acquis de tous les élèves dans l’ensemble des écoles marocaines. De nombreux programmes d’enseignement adoptés au Maroc véhiculent toujours des textes et des données consacrant la discrimination, la marginalisation et l’infériorité de l’Amazigh, son histoire, sa civilisation et sa culture. D’ailleurs, c’est ce qui est institué à l’intérieur des espaces publics, des discours officiels ou des établissements de l’Etat à travers l’utilisation de termes exclusifs et non constitutionnels tel que Maghreb arabe, et d’expressions péjoratives (berbère, Dahir berbère), dans les programmes scolaires et les médias publics. D’autre part, l’initiative du ministère de l’Education nationale, à savoir "La célébration de 1200 années de l’édification de l’Etat marocain", constitue une grave falsification de l’histoire du Maroc et un appel délibéré pour l’anéantissement de l’histoire des Amazighs en Afrique du Nord.

Samedi 10 Décembre 2011
Mustapha Elouizi

Source : Libe.ma

Le Maroc veut en finir avec la discrimination des prénoms amazighs

Les Marocains sont libres de choisir le prénom de leur enfant, a réaffirmé la Haute Commission de l’état civil marocain dans un communiqué diffusé lundi. Cette liberté concerne « sans distinction aucune », les prénoms arabes, amazighs (berbères), hassanis (dialecte maure) et hébraïques, précise la commission, pour autant qu’il n’y ait pas atteinte à la morale ou à l’ordre public.

Les prénoms amazighs (berbères), mais aussi hassanis (dialecte maure) et hébraïques doivent être autorisés au Maroc, a confirmé lundi la Haute Commission de l’état civil marocain. Ils ont beau être autorisés depuis 2010, les prénoms amazighs font encore régulièrement l’objet d’interdiction.

En dépit du fait que l’amazigh a été reconnu langue officielle dans la Constitution de 2011, les prénoms amazighs font encore régulièrement l’objet d’interdiction au Maroc. « Le mois dernier encore, à Casablanca, des parents n’ont pas pu inscrire sur les registres d’état civil leur fils qu’ils voulaient prénommer Anir », déplore Ahmed Assid, chercheur à l’institut royal de la culture amazighe et président de l’Observatoire amazigh des droits et libertés.

Une identité combattue pendant près d’un siècle

« Les officiers d’état civil se réfèrent à une liste officielle de prénoms arabes pour interdire les prénoms amazighs, explique-t-il. Or, ils ignorent que cette liste a été supprimée en 2003, à la suite de la création par le roi Mohammed VI d’une commission visant à régler cette question des prénoms. »

L’identité amazighe, combattue pendant près d’un siècle, d’abord par la France coloniale, puis par la monarchie marocaine, peine encore à être pleinement reconnue dans les esprits, alors même que la majorité de la population marocaine est d’origine berbère. Il a fallu la mort du roi Hassan II, le père de Mohammed VI, en 1999, pour que puisse renaître la question amazighe.

« Jusque-là, la diversité était considérée comme une menace pour la cohésion nationale. Le Maroc a mené dès son indépendance une politique continue d’arabisation. L’amazighité était taboue. Hassan II n’a d’ailleurs jamais prononcé le mot “amazigh”. Il fallait avoir beaucoup de courage, pendant les années de plomb, pour revendiquer un prénom amazigh », rappelle Ahmed Assid.

En 1992, la publication de la liste des prénoms arabes considérés comme seuls de caractère marocain a rendu même impossible toute velléité de donner à son enfant un prénom berbère. La liste a donc été supprimée en 2003, après que le jeune roi Mohammed VI eut reconnu la diversité culturelle et identitaire du Maroc en 2001. Mais la discrimination sur les prénoms a perduré.

Une lettre adressée par Human Rights Watch en juin 2009 au ministre de l’intérieur, Chekib Benmoussa, réclamant des explications sur cette discrimination, a, à l’époque, fait grand bruit. L’année suivante, le ministre a publié une circulaire rappelant que la liste des prénoms était supprimée et la liberté des prénoms instaurée. Une nouvelle circulaire d’avril 2013 a, à nouveau, rappelé la consigne.

« Mais l’information n’a pas circulé, et des bureaux d’état civil et des consulats marocains à l’étranger s’y opposent toujours », constate Ahmed Assid. Le chercheur ajoute que l’enseignement en amazigh, prévu depuis 2003, « n’est devenu réalité que dans 15 % des écoles du pays, alors même qu’une partie de la population la plus défavorisée ne parle que cette langue ». Quant à la loi organique devant mettre en œuvre le caractère officiel de la langue amazighe, elle reste encore lettre morte, deux ans et demi après l’adoption de la Constitution.

MARIE VERDIER La Croix du 19 mars 2014